Le féminisme inclusif

Trois militantes de la première heure, Idola Saint-Jean, Marie-Lacoste Gérin-Lajoie et Thérèse Forget-Casgrain, ont ouvert la voie à la première députée au Parlement, Marie-Claire Kirkland. Crédit : Ville de Québec

Depuis plus d’une décennie, le terme de « féminisme inclusif » est de plus en plus utilisé. Toutefois, cette notion ne posséde pas encore de définition clairement officielle. En effet, tantôt utilisé pour rassembler un maximum de gens concernés par les luttes féministes, incluant notamment les hommes, les trans, les non-binaires, etc., tantôt pour tenter d’intégrer différents courants de pensée féministe tels que l’intersectionnalité et l’universalisme. Ce petit essai tente de mieux clarifier et définir cette notion au regard de son usage récent.

Le sexisme
Dans son livre 50 façons d’être féministe au quotidien: Guide pratique 2.0, Elsa Arpin décrit le féminisme inclusif ainsi : « Le combat féministe ne peut avoir lieu sans les hommes et personnellement je ne prône pas un féminisme exclusif, mais un féminisme inclusif, luttant pour un monde plus juste, pas seulement un monde plus juste envers les femmes. »[1]

Pour certains et certaines, cela peut sonner comme une redite de la définition classique du féminisme: « Ensemble d’idées et de mouvements orientés vers un but commun : atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes les sphères de la vie pour une société plus juste, plus heureuse et plus prospère. »[2] Pourtant, une rupture se présente bel et bien. Ce que Arpin met de l’avant, c’est l’idée qu’il existerait un féminisme dit « inclusif » et un autre dit « exclusif ». Cela peut sembler étonnant contenu de l’idée d’égalité soutenue par le féminisme.

En réalité, il faut rappeler qu’il n’existe pas qu’un seul courant à l’intérieur de la sphère féministe, mais bien plusieurs : Féminisme libéral égalitaire, Féminisme radical, Féminisme matérialiste, Marxisme féministe, Féminisme de la différence, Féminisme lesbien, Féminisme afro-américain, Féminisme écologiste, Féminisme anarchique, Féminisme post-moderne, etc. Le féminisme est loin d’être homogène et, dans ce grand ensemble, certains courants sont plus « inclusifs » que d’autres.

Déjà, je sais qu’en m’autorisant à écrire cet article portant sur le féminisme, je crains bien d’être l’objet de critiques personnelles de la part de certaines féministes uniquement en regard de mon sexe et de mon genre. Les mouvements féministes ne sont pas non plus à l’abri de sexisme même si c’est bien là qu’on s’attendrait normalement pas à le retrouver. Par exemple, si la mecsplication (manspaning) est une réalité, elle peut parfois être utilisée à tort pour museler certains hommes ne faisant qu’expliquer honnêtement leur point de vue. Je parie même que cet article me reviendra un jour sous une mise en abyme… mais passons.

Quoi qu’il en soit, la présence de sexisme dans certains mouvements féministes ne doit aucunement discréditer l’ensemble des mouvements féministes. Disons seulement que ces choses-là arrivent… rien n’est parfait. Par contre, il est important de le reconnaitre et d’être à l’aise de dénoncer le cas échéant tout type de sexisme. Cela est une condition essentielle pour réaliser l’objectif noble du féminisme, soit un monde plus juste, plus heureux et plus prospère. Or, ce que Arpin évoque, c’est la futilité de certains féminismes souhaitant l’exclusion des hommes tant comme alliés que dans la reconnaissance des injustices et des souffrance reliées à leur condition masculine.

Le féminisme vise à « atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes »[2], de part et d’autre. Autrement dit, bien que le patriarcat historique a contraint les libertés des femmes, cela ne devrait pas empêcher aujourd’hui les féministes, hommes et femmes, de dénoncer solidairement les inégalités vécues également par des hommes, inclant bien sûr les hommes homosexuels et trans. Par exemple, il faut reconnaitre que le droit de garde parentale défavorise toujours aujourd’hui les hommes dans bien des États modernes. Autre exemple est le manque flagrant de soutien aux hommes subissant de la violence conjugale. Un féminisme, qui exclut d’emblée ce type d’inégalité de la lutte féministe, ne peut être, ipso facto, qu’exclusif.

Féministe convaincue depuis une dizaine année, la réalisatrice américaine Cassie Jaye réalisa en 2016 le documentaire The Red Pill portant sur le mouvement pour la défense des droits des hommes. Elle percevait alors les hommes de ce mouvement comme des « ennemis ». La réalisation de ce documentaire dura une année dans laquelle elle fut confrontée à ses biais cognitifs. C’est au travers de cette entreprise qu’elle put finalement comprendre la réalité de ses « ennemis ». Cette expérience la changea à un tel point qu’elle se déclara, après le tournage, ne plus être féministe sans pour autant être antiféministe. Pour ma part, j’aurais préfèré que Jaye se dise toujours féministe. À mon avis, ce à quoi elle s’est en fait dissociée, c’est n’est pas le féminisme en soi, mais bien du féminisme exclusif replié sur lui-même.

Cela explique par ailleurs pourquoi d’autres, afin d’éviter ce même genre de dilemme d’être ou ne pas être associé à un féminisme exclusif, préfèrent aujourd’hui l’ajout de l’adjectif « inclusif » au bout de leur féminisme.

Pour avoir déjà été attaqué personnellement, non pas pour mes propos, mais tout simplement parce que j’étais un homme, donc porteur du mal intrinsèque aux yeux de féministes misandres, j’ai également songé à renoncer pendant un moment à me dire féministe. Heureusement, la majorité des personnes féministes que je connais sont critiques, humanistes et inclusives. Elles se dissocient totalement de ce type de féminisme qui donne mauvaise presse à tous les mouvements féministes. Pour obtenir « une société plus juste, plus heureuse et plus prospère », nous avons  besoin que tous travaillent à cet objectif, et pour cela, il faut que tout le monde se sente inclus.

Intersectionnalité et universalisme
Travailler tous ensemble peut être de temps à autre difficile. Les courants féministes divergents parfois à même leurs fondements idéologiques. Entre l’intersectionnalité, prônant un féminisme particulariste, et le féminisme universaliste, tout semble apriori s’opposer. Cependant, aux dires de l’historienne Yolande Cohen, ces apparentes divergences doivent être plutôt perçues comme des forces convergentes qui permettront de faire progresser le combat féministe : « Des groupes peuvent considérer que la défense des femmes autochtones et des personnes trans est prioritaire, tandis que d’autres peuvent mettre de l’avant le combat pour l’équité salariale, les garderies, ou encore la lutte contre les violences faites aux femmes. Tous ces combats ne s’opposent pas et quand ils se combinent, ils deviennent des éléments déclencheurs des grandes transformations sociales. »[3]

Pour Cohen, il faut tendre vers un « féminisme inclusif », car « l’opposition qui est faite entre féminisme universaliste et féminisme particulariste […] semble inutilement clivante et pas nécessairement éclairante pour comprendre les grandes questions qui traversent les féminismes contemporains. »

Biais et capitalisme
Toujours dans le sens de la convergence, la créatrice du compte féministe Meuf Cocotte, Noémie, professeure des écoles, dénonce les injonctions pesant sur les femmes. Dans son dernier livre Lâchez-nous la grappe !, elle prône la nécessité de faire converger la pensée féministe afin de soutenir les luttes féministes en rapport avec notamment l’antiracisme, les droits de la personne LGBTQIA+, l’environnement. Bref, il s’agit ultimement de lutter contre un ennemi commun : le capitalisme.

En effet, le capitalisme demeure ultimement le système d’échange sur lequel l’ensemble des rapports sociaux dépendent d’une manière ou d’une autre. Le capitalisme génère les classes socio-économiques et avec elles, des cultures de classe se différenciant notamment par leurs biais cognitifs.

En fait, les biais cognitifs seraient des obstacles centraux au féminisme. Elle cite en ce sens Kimberlé Crenshaw pour qui le féminisme, la lutte antiraciste et l’amélioration de la législation contre les discriminations nécessitent de « mettre en lumière les différents biais par lesquels les individus souffrent des oppressions racistes et sexistes, afin de faciliter la discussion et la compréhension de ces problèmes »[4]. Cela fait écho aux biais que Cassie Jaye, avant qu’elle réalise son documentaire, entretenait envers les hommes réclamant des droits plus justes. C’est dire que les biais cognitifs, dont les préjugés sont issus de l’ignorance, représentent les premiers murs à déconstruire pour permettre une compréhension mutuelle.

Quant au féminisme inclusif, la créatrice le définit ainsi : « un féminisme qui inclut dans ses luttes l’ensemble des personnes qui subissent ce contre quoi le féminisme se bat : le sexisme »[4]. Sous-entendu ici que l’ensemble des sources d’oppressions ne sont pas hétérogènes dans le corps social, mais bien lié à des degrés près avec le capitalisme comme toile de fond.

Un écoféminisme déjà bien inclusif
Toujours sur fond de capitalisme, il est important de rappeler par ailleurs que le féminisme s’efforce historiquement de mettre en lumière les systèmes de domination tels que le patriarcat, le capitalisme ou les causes d’inégalités sociales d’ordre structurel, voire systémique. Ces systèmes de domination oppressent bien sûr les femmes, mais pas que. Nous savons que la souffrance s’étend aux enfants et aux hommes, mais également les autres espèces animales. C’est bien ce que l’écoféminisme a saisi en transposant le système d’oppression des femmes par les hommes au système de surexploitation de la nature par les humains. L’écoféminisme, en incluant les autres espèces, est sans conteste un courant avant-gardiste du féminisme inclusif.

Un malaise généralisé
Le terme « féminisme » a pris son sens premier vers la fin du XIXe siècle, désignant alors le courant des idées de libération et d’émancipation des femmes dont les racines remontaient au siècle des Lumières.

Depuis, le concept est devenu chargé, portant aujourd’hui plusieurs connotations. Parmi celles-ci, la perception maladroite que le féminisme du XXIe siècle soit fait par et pour les femmes. Une telle définition est bien sûr erronée et défavorise une plus large adhésion auprès de gens ralliant pourtant les luttes égalitaristes. Certains critiqueront même l’étymologie historique du terme « féminisme » ancré sur la spécificité féminine. Ce détail de forme n’a rien d’essentiel et de condamnable comparé à la présence de mouvements féministes aux slogans misandres ou identitaires et prônant un féminisme d’exclusion. Bref, au-delà des autrices citées dans ce texte dénonçant différentes formes d’exclusion, il faut reconnaitre que le malaise est tel qu’il justifie l’usage de la notion de « féminisme inclusif », marquant ainsi une rupture avec celui de l’exclusion.

Toujours la souffrance
De plus, le féminisme d’exclusion s’inscrit à contresens avec la volonté de démocratiser le féminisme depuis les années 60. En effet, le féminisme a permis de mieux comprendre les systèmes sociaux de domination en plus de contribuer à les déconstruire. Un des apports des plus importants, c’est d’avoir pointé une condition des plus universelles : la souffrance.

« Au fond, le mouvement de la libération des femmes n’est pas uniquement féministe d’inspiration, il est aussi humaniste. »

— Thérèse Casgrain, Une femme chez les hommes, 1971

En effet, initialement fémino-centré, le féminisme d’aujourd’hui, du moins le « féminisme inclusif », s’étend à l’ensemble des êtres sensibles. Déjà humaniste, il l’est davantage par sa sensibilité à la souffrance de tous, dont celle des hommes. Citons en exemple les récents travaux féministes sur la masculinité toxique dont les premiers à en souffrir sont les garçons. Quant à la souffrance animale, le « féminisme inclusif » cherchera à combiner humanisme et antispécisme, notamment par l’écoféminisme.

Conclusion
Le « féminisme inclusif » est une notion relativement récente qui vient en rupture avec le « féminisme d’exclusion  » fémino-centré. Le féminisme inclusif s’attaque intégralement à tout type de sexisme ce qui en fait une approche davantage universaliste sans s’opposer frontalement aux féminismes particularistes. En effet, le féminisme inclusif préconise d’abord une attitude d’ouverture recherchant des points de convergence qui, en se combinant, pourra réduire davantage les inégalités sociales. Cela n’implique pas une adhésion mutuelle et complète, voire aveugle. Bien au contraire, tant qu’il restera des biais, il y aura des oppositions.

Comme quoi personne n’est à l’abri de détenir des biais cognitifs pouvant mener au sexisme. Si les hommes sont les plus grands fautifs, les femmes peuvent-être non seulement sexistes envers les hommes, mais également envers elles-mêmes, dirait assurément La Boétie. Peu importe d’où vient le sexisme, ce qui importe en premier lieu, c’est de pouvoir le reconnaitre et le dénoncer. Pour cela, on doit être en mesure d’en discuter ouvertement, et ce, peu importe notre sexe ou notre genre.

À l’instar de la communication non violente, le féminisme inclusif doit ainsi permettre d’exprimer une souffrance ou un besoin non répondu. On peut conséquemment penser que cela exige la création d’espaces où l’expression de souffrances puisse se faire sans tabou et dans le respect. Mais cela ne suffit pas, il faut également prendre conscience de nos propres biais cachant la plupart du temps notre vulnérabilité ou encore notre orgueil. L’introspection demeure toujours salutaire. On peut, par la suite, mieux se comprendre et combattre solidairement l’ensemble des inégalités sociales. 

En terminant, je définirais le féminisme inclusif est un type de féminisme où toute personne peut se sentir valorisée, entendue et respectée en plus d’y développer un sentiment d’appartenance. De plus, ce féminisme vise à rassembler en générant des espaces favorables à la discussion ouverte pour réduire d’abord les biais, sources d’inégalités sociales, et afin de lutter solidairement contre d’abord le sexisme et ensuite l’ensemble des causes systémiques de souffrances infligées tant aux êtres humains qu’aux autres espèces animales.

 

Références

[1] Elsa Arpin, 50 façons d’être féministe au quotidien: Guide pratique 2.0, Librinova, 29 août 2018 (ISBN 979-10-262-2255-2lire en ligne)
[2] « Féminisme : nom commun, cause commune », sur Conseil du statut de la femme (consulté le 14 avril 2022)
[3] « Pour un féminisme inclusif », sur La Presse, 8 février 2020 (consulté le 13 avril 2022)
[4] Lâchez-nous la grappe ! : déconstruire les injonctions pour se sentir plus libre, Noémie, Mango, 2021

 

Le masculinisme positif, en bref

Le masculinisme positif

Ce texte est un extrait d’un livre qui est actuellement en rédaction. Il est présenté ici afin de préciser brièvement le concept du « masculinisme positif ».

Définition
Selon l’OQLF, le masculinisme est défini comme « l’ensemble des mouvements sociaux qui concernent la condition masculine »[1]. Comme le féminisme, le masculinisme est ensemble pluriel contenant même certains mouvements divergents entre-eux.

Quant au « masculinisme positif », il s’agit d’un mouvement visant à développer une masculinité positive. Cette dernière vise à construire une masculinité en phase avec la modernité permettant aux hommes d’être bien avec eux-même, tant socialement qu’émotivement. La masculinité positive cherche à éradiquer la masculinité toxique. Le concept de masculinité toxique désigne certaines normes du comportement masculin qui ont un impact négatif sur toute la société, particulièrement sur les hommes eux-mêmes.

Allié du féminisme classique
Le masculinisme positif n’est pas antiféministe, bien au contraire. Il se considère comme un allié du féminisme visant l’égalité en droit entre les hommes et les femmes. Il épouse les luttes contre les formes de sexisme et de genrisme systémiques sans pour autant nier que des différences comportementales peuvent provenir des biologies propres à chacun. Ces comportements peuvent également entraîner des effets culturels distints et souhaitables.

Lecture fortement recommandée pour mieux comprendre la masculinité toxique. Édition Québec/Amérique

Lutter envers la masculinité toxique
De plus, s’il y a une masculinité toxique, il y a également une féminité toxique, bref un genrisme toxique. La misogynie ou la misanthropie sont deux réalités parallèles. Dans tous les cas, on ne peut comprendre les concepts de la masculinité ou la féminité toxiques que par une approche systémique, à savoir une perspective holiste. C’est essentiellement la plus grande difficulté de compréhension puisqu’il s’agit d’avoir ici un regard global. En effet, le genrisme toxique renvoie à une culture collective et non individuelle. Pour la comprendre, il faut aller au-delà de l’autorité traditionnelle, il faut passer d’une approche individualiste à holiste. Cela demande de questionner les normes sociales actuelles, donc l’ordre établi et ses rapports de domination existants. Il faut également déterminer ce qui revient à la construction sociale et ce qui revient au déterminisme biologique. Bref, il faut être prêt à plonger dans une réflexion plus complexe que la pensée linéaire qui implique une certaine introspection collective et individuelle.

Mouvement pour et par les hommes
Ce mouvement se veut d’abord orienté pour les hommes et préférablement par les hommes parce que c’est d’abord aux hommes de se prendre en main, tout en demeurant inclusifs.

Ce mouvement ne se fonde pas sur un essentialisme ou un existentialisme dogmatiques, mais il recherche plutôt des positions intermédiaires et inclusives permettant d’établir une compréhension nuancée de la condition masculine reposant sur une démarche rationnelle, voire scientifique.

La crise de la masculinité
Il reconnaît l’existence d’une crise de la masculinité dans la mesure où on définit la crise comme un « moment très difficile dans la vie de quelqu’un, d’un groupe, dans le déroulement d’une activité, etc. ; période, situation marquée par un trouble profond. »[2] Les hommes formant le groupe et la période débutant avec la modernité. C’est en ce sens que les sociétés modernes ont vu les rapports sociaux évoluer rapidement ces derniers siècles. Que ce soit du développement scientifique et des sciences sociales, de la globalisation, des divers courants idéologiques, etc., jamais, à l’échelle de l’humanité, à amener de manière aussi brutale à ce que les hommes ainsi que les femmes aient à redéfinir leur identité. Nous sommes passés d’un monde théiste à un monde plus laïque. Plus récemment, en regard aux cinquante dernières années, le féminisme de deuxième génération a réussi à émanciper les femmes dans plusieurs sphères. Ces changements ont redéfini les rapports entre les hommes et les femmes. L’homme a perdu beaucoup de repères et il a été obligé de se redéfinir, dont certains à contrecœur. Le masculinisme positif est fier de l’héritage général que le féminisme nous a apporté. Cependant, il est conscient que cette évolution n’est pas terminée et que les hommes doivent prendre davantage conscience de leur condition et s’émanciper également de la toxicité que la société leur impose. À cet égard, il encourage un féminisme positif ayant le courage de dénoncer le sexisme envers les hommes.

Approche progressive
Tous les mouvements féministes ont été principalement une lutte portée d’abord par les femmes qui ont remis en question les fondamentaux identitaires et comportementaux des hommes et des femmes. En parallèle, beaucoup d’hommes ont également fait évoluer la condition masculine. Malheureusement, beaucoup de mouvements masculinistes se sont retranchés dans leurs positions privilégiées garanties par la tradition. Ce faisant, cette réticence de faire évoluer le rôle de l’homme avec l’évolution de nos connaissances sociales, anthropologiques et psychologiques n’a fait qu’aggraver pour certains cette crise de la masculinité. À l’instar des femmes et du féminisme, les hommes doivent mener une masculinité moderne dans laquelle leur condition se trouvera améliorée, et ce, en adéquation avec l’amélioration de la condition féminine. C’est cet objectif que le masculinisme positif cherche à atteindre.

Ni rose, ni macho
Un macho est un « homme qui a une conscience exacerbée de sa supériorité virile, et qui prône la suprématie du mâle » [3], tandis que le machiste est une « idéologie héritée de la civilisation ibérique et plus spécialement ibéro-américaine, qui prône la suprématie du mâle » [3]. Sachant que « suprématie » signifie « situation dominante conférant une autorité incontestée » [4], alors le masculinisme positif, quant à lui, conteste et répudie cette autorité. Quant à l’homme dit « rose », ce terme renvoie un homme caricaturé, pour ne pas dire stigmatisé, par justement les machos. Ni macho, ni rose, les masculinistes positifs sont tout simplement des hommes masculins, modernes et progressistes.

Fin de l’extrait et suite

L’écriture d’un tel essai nécessite de la recherche et donc du temps. J’espère pouvoir terminer cet ouvrage en 2022. Si ce mouvement vous intéresse, vous pouvez visiter la page Facebook qui lui est consacrée.


[1]
« Grand dictionnaire terminologique – masculinisme », sur gdt.oqlf.gouv.qc.ca (consulté le )
[2] Éditions Larousse« Définitions : crise – Dictionnaire de français Larousse », sur www.larousse.fr (consulté le )
[3] « MACHO : Définition de MACHO », sur www.cnrtl.fr (consulté le )
[4] Éditions Larousse« Définitions : suprématie – Dictionnaire de français Larousse », sur www.larousse.fr (consulté le )

Logements abordables ? Il faut plutôt des logements « viables » !

Au Québec, non seulement nous manquons de logement, mais la qualité de nos logements est souvent minimale tout comme l’urbanisme dans lequel ils se situent. Il est grand temps d’interdire la construction de nouvelles cages à poule et d’investir dans des milieux urbains plus humains et plus verts.

Ce petit essai ne vise que lancer la discussion afin de monter la barre un peu plus haute en ce qui concerne le logement. Après le revenu viable, je propose le  « logement viable ».

La cité d’habitation de l’architecte Moshe Safdi, héritage l’Exposition Universelle de Montréal en 1967.

Logement viable =  Logement abordable Logement sain dans un milieu sain

Qu’est-ce que le logement viable?
Un logement viable, c’est un logement où il fait bon vivre! C’est un logement situé dans un milieu sain où l’extérieur est considéré adéquat quant à ses accès à des espaces verts et communautaires en plus d’être un milieu beau et inspirant. C’est également un logement abordable et qui offre la luminosité, la tranquillité et un ressenti physique de confortabilité notamment quant à sa température et la qualité de l’air. Bref, c’est : 

  • Un logement abordable : Au Canada, un logement est considéré comme abordable s’il coûte moins de 30 % du revenu avant impôt du ménage;
  • Un logement sain : c’est un logement plus que salubre, c’est-à-dire un logement qui répond aux besoins physiologiques et psychologiques d’un humain;
  • Une qualité saine de l’air : non contaminé, tempéré et humidifié;
  • Une exposition à la lumière adéquate;
  • Un accès à un espace vert de proximité (court, parc, etc.);
  • Une isonorisation adéquate;
  • Un accès à des services de proximité selon les besoins;
  • Un accès à la communauté;
  • Etc.

Analogie

Survie

Vivable

Revenu

Salaire minimum

Revenu viable

Logement

Logement salubre

Logement viable

Critères Salubre Viable

Eau consommable

Eau chaude
Exempt de parasite/rongeur
Qualité de l’air non contamination
Sécurité intérieur
Sécurité extérieur
Propice à la socialisation
Accès à une mobilité
Luminosité
Espace vert
Insonorisation
Air habitable / personne à définir
Climatisé Chauffer Température ajustable
Finition intérieur
Beauté extérieur

Soyez des intellectuels fiers et décomplexés!

Émile Zola; Paris 2.4.1840 ibid 29.9.1902. Portrait photo, c. 1895 (Nadar, Paris), digitally coloured – Crédit arkimages

Soyez fiers!!!
C’est sans prétention, sans chauvinisme et sans mépris que les intellos et les intellectuels se doivent d’être fiers. Non pas de posséder beaucoup de savoir (quoique…), mais simplement de s’associer à un domaine d’activités nobles, salutaires et accessibles à tous, c’est-à-dire les activités intellectuelles.

Mais qu’est-ce qu’un intello?
Le terme « intello » permet « de désigner à la fois tout individu qui s’adonne à des activités principalement intellectuelles, et toute chose qui est liée à des pratiques qui nécessitent de la réflexion, sans connotation.»[1]

Est-ce qu’un intello est un intellectuel? Et bien pas forcément.
Déjà, une première précision s’impose. Le terme « intellectuel » peut parfois désigner des personnes « dont la vie est consacrée aux activités intellectuelles »[13], souvent opposées aux activités dîtes « manuelles ». Bien qu’on puisse condamner cette pratique, l’usage fait souvent loi dans le langage. Néanmoins, les érudits éviteront un tel usage, pour ne pas dire une telle usurpation. De même, on évitera de confondre « intellectuel » et « savant ». Ce dernier, ancien participe présent de savoir, désigne une personne ayant « des connaissances étendues dans divers domaines ou dans une discipline particulière »[14]. Ce qui, on le verra plus loin, est insuffisant pour être qualifié réellement d’intellectuel.[15]

D’abord, le terme « intellectuel » est né à l’époque de l’Affaire Dreyfus, où des juristes, des écrivains, des universitaires prirent publiquement position pour le capitaine Dreyfus.[2] Le plus célèbre étant l’écrivain Émile Zola, qui fut condamné à l’époque à un an de prison pour avoir dénoncé la magouille militaire liée à la condamnation du capitaine.

Un intellectuel, c’est tout d’abord un individu ayant certaines connaissances savantes et une culture suffisante afin d’établir des rapports entre ses connaissances et celles du Monde.[3] Ce faisant, il peut alors, par ses réflexions ou ses découvertes savantes, être en mesure de découvrir des contradictions. Mais ce n’est pas tout.

De plus, une condition essentielle pour être considérée comme un intellectuel, c’est celle de l’engagement dans l’espace public. Il s’agit d’un engagement visant à dévoiler, voire dénoncer, la contradiction observée.

L’impact de cette dénonciation n’est pas un prérequis. Il est vrai que plus l’intellectuel sera notoire, plus son influence sera grande. Et sa notoriété, quant à elle, est issue de ses travaux. On parlera alors d’un « intellectuel notoire », tout simplement. Autrement dit, la notoriété n’est pas une condition, d’autant plus que celle-ci peut venir plus tard.

Revenons maintenant, sur l’engagement, condition fondamentale. En fait, un intellectuel désengagé, ça n’existe tout simplement pas. Selon Sartre, « l’engagement est […] une obligation morale pour celui qui, refusant le confort de l’attitude contemplative ou de la foi, tire les conséquences éthiques et politiques de son être en situation. C’est particulièrement le cas de l’intellectuel et de l’écrivain, qui, parce qu’ils ont le pouvoir de dévoiler le monde, se doivent de s’engager. »[4]

Somme toute, un intellectuel, c’est un intello qui s’engage dans le débat public afin d’influencer les valeurs et l’organisation de la société.

Le devoir de l’intellectuel
Rappelons que les intellectuels ne sont pas infaillibles et beaucoup d’idéologies, dont certaines sont assurément condamnables, sont issues d’intellectuels. En même temps, la croyance qui voudrait qu’on puisse vivre dans un monde sans idéologie est absurde et même dangereuse. À la limite, le pragmatisme[5] peut se présenter comme une doctrine non idéologique, il demeure que cette méthode de résolution des débats philosophiques s’inscrit toujours dans un système de pensée dominant proposant un modèle sociétal : institutions, système de pouvoir, etc.

Le seul choix que nous avons, c’est d’ignorer ou d’accepter l’idéologie présente ou encore la critiquer et la changer.

Pour ce faire, les intellectuels sont souvent les mieux placés pour éclairer notre pensée afin de principalement permettre plus de justice sociale, et ce, dans un monde de plus en plus complexe.

En fait, un intellectuel se fait un devoir d’éclairer son entourage. Une sorte d’obligation de porter secours à autrui, l’intellectuel accepte le devoir de partager ses connaissances avec autrui, encore faut-il qu’il puisse le faire. Néanmoins, la justice sociale est centrale chez les intellectuels, et ce, de Zola à Chomsky en passant par Weil, Rawls, Bourdieu, etc.

Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Avraham Shlonsky and Leah Goldberg – Crédit flickr

Évidemment, les intellectuels ne sont pas un groupe ou une élite fermée. Bien sûr, nous serions portés à dire qu’un tel ou un autre est intellectuel. Il appartient à chacun de vouloir le devenir et de l’incarner. Le premier pas, bien sûr, est déjà de devenir un intello.

L’intello-actif
L’intello-actif est un intello engagé dans des actions politiques ou sociales. Ces actions visent à propager ou à incarner des positions politiques ou sociales de ce dernier. L’intello-actif milite ainsi pour ses idées. Ses actions ne sont pas nécessairement grandioses, mais à la mesure de sa capacité.

Vous aurez compris dès lors qu’un intellectuel est un intello-actif. Mais est-ce qu’un intello-actif est un intellectuel?

Tout est une question de diffusion et d’ancrage. Un intellectuel est lié à un savoir, une connaissance savante qui lui offre une perspective approfondie sur une facette du Monde. Ce savoir demande un travail significatif, notamment parce qu’il est lié à des exigences de qualité et de traditions.

On exigera de l’intellectuel un discours de niveau intellectuel, c’est-à-dire reposant sur des argumentations étoffées et fondées, particulièrement sur des méthodes de travail intellectuel.[6]

On exigera également que l’intellectuel s’inscrive dans une tradition de penseurs afin d’ancrer sa pensée. Cette deuxième exigence est en fait partie de la première. Le travail intellectuel demande de connaître les réflexions antérieures afin de bien ancrer la sienne et d’éviter de réinventer la roue.

Enfin, on exigera qu’il publie ou discours dans l’espace public : manifestations, radio, télévision, internet, livres, etc.

Dans ces conditions, un intello-actif, qui décide de diffuser ses pensées et de prendre des positions éthiques et politiques, est soit un intellectuel, soit un intellectuel en puissance.

Et nul besoin d’être un héros tel que Miguel de Unamuno face à au régime franquiste ou encore un grand intellectuel enseigné dans les universités. Il s’agit simplement de manifester sa pensée à la hauteur de ses moyens.

Et s’il y a de grands intellectuels, il n’y en a pas de petit, simplement des intellectuels en puissance.

L’intello-passif
L’intello-passif est celui qui sait et comprend, mais demeure silencieux. Il ne trouve pas la motivation (manque de courage, paresse, prudence, etc) de prendre position publiquement.

En fait, il en fait le choix. Encore faut-il en être conscient. Or l’intello, lui, en est conscient. En choisissant de ne rien faire, il choisit. Ou encore, ne pas choisir, c’est encore choisir![7]

À ce titre, la posture de l’intello-passif est souvent, malheureusement, une fuite de l’engagement. Sa préférence est de se réfugier dans un rôle d’observateur. S’il lui apparaît le désir d’agir, celui-ci s’essoufflera rapidement. Il est seul avec lui-même, dans son introversion, et il affine ou simplement recycle sa réflexion. Il faut dire que le Monde, dont il saisit de multiples défauts, est un univers pouvant rapidement être épuisant à contempler.

Cette posture n’est pas sans danger pour le principal intéressé. La possibilité qu’il élabore une rhétorique destinée à s’auto-justifier de son inaction est grande. C’est que de choisir donne une l’impression de contrôle, même si ce choix est une position défaitiste, signifiant son impuissance de ne pas pouvoir changer ce qu’il observe.

Pire encore, l’intello-passif peut se laisser rapidement tenter par le cynisme (contemporain). Ce type de cynisme est vicieux et destructif. Plus il sera cynique, plus il se sentira impuissant. Plus, il se sera impuissant plus il sera cynique.[8] Le danger est que tôt ou tard ce cercle vicieux produira de grandes frustrations et désillusions. Sa confiance sera faible ou inexistante envers les organisations, autorités et d’autres aspects de la société.[9]

À ce stade, si la rumination apparaît, le risque de tomber dans un état dépressif est une possibilité réelle qu’il ne faut pas négliger. De plus, ce processus est souvent inconscient par le concerné.

Bien sûr, être intello-passif ne mène pas nécessairement à la dépression, malgré que « parfois la folie […] est la meilleure manière de s’adapter à la réalité.»[10] Ou encore, il peut adhérer à des philosophies, telles que le stoïcisme, qui lui permettront de faire taire les contradictions observées.

Il demeure néanmoins que seulement l’action[11] peut changer l’organisation sociale et dissoudre lesdites contradictions. À l’inverse, l’inaction maintient ou aggrave l’indignité, car il s’agit avant tout de contradiction morale relevant de la justice sociale, celle régulant la dignité de tous. Il revient alors à chacun de défendre ses valeurs ou de faire siennes ces contradictions et de composer avec.

L’intello-hyperactif
L’intello-hyperactif est un intellectuel qui sur-manifeste ses positions au détriment de la qualité de sa réflexion. Si tout le monde peut avoir une opinion sur tout, un intellectuel ne peut avoir un avis sur tout. Le processus de réalisation d’un avis intellectuel demande un travail considérable. Un intellectuel qui se voit tenter de trop exister dans l’espace public, s’exprimant sur presque tous les sujets, finit inévitablement à dire de nombreuses sottises. (Voir Vidéos connexes)

L’intello-collabo ou l’intello-docile
Ce type d’intello s’activera à crédibiliser le pouvoir en place avec des arguments plus ou moins fallacieux dans l’unique but de le protéger, mais surtout afin de protéger ses privilèges qui découlent de ce pouvoir. Il va de soi que cette collaboration n’a rien à voir avec la posture de l’intellectuel. En fait, ce type d’intello est simplement un usurpateur de l’intellectuel puisque ce dernier est engagé avant tout au service de la justice sociale et non de ses intérêts particuliers.

Pire encore, ce mélange des genres amène à confondre l’intellectuel du faux, discréditant ou rendant confuse la réelle et noble signification de cette qualification. En effet, être un intellectuel, c’est un honneur d’un point de vue humaniste. Catégoriser d’intellectuel un individu, c’est de le lié au courage de nombreux penseurs qui, soulignons le, ont été plus souvent qu’autrement condamnés injustement pour leurs dissidences : Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Ignacio Ellacuria, Bertrand Russell, etc.[12]

Conclusion
Devenez vous aussi un(e) intellectuel(le)! Et surtout, soyez fier ou fière!
Et si vous vous considérez simplement comme un intello-actif, soyez-en tout aussi fier!

Ajoutons qu’il ne faut surtout pas opposer l’intello au manuel. Ce sont des activités différentes et complémentaires.

Être un intellectuel demande du courage et beaucoup de travail. Ne laissez jamais personne vous intimider ou vous rabaisser parce que vous choisissez de penser et de vous exprimer.

Stéphane Hessel dirait que toute indignation devrait être liée à un engagement. Signer une pétition, c’est bien. La partager en plus, c’est mieux! Il y a une large gradation menant à l’engagement et, ipso facto, à l’action. Le tout visant à améliorer notre Monde.

Aspirer à être un intellectuel, c’est noble, légitime et accessible. Croyez au nivellement vers le haut! Réfléchissez, écrivez, parlez, bref partagez!

Partagez, mais évitez les excès! Le juste milieu n’est pas nécessairement une position située au milieu de deux extrêmes, mais un équilibre entre deux extrêmes fâcheux! (Aristote)

Note: Ce texte partiellement épicène, présence d’un masculin générique désignant tous les genres.

Vidéos connexes

Sartre sur l'intellectuel


Chomsky, les intellectuels et le pouvoir


Intello-hyperactif


L'Affaire Dreyfus



Références

[1] « Intello : Définition simple et facile du dictionnaire », sur www.linternaute.fr (consulté le 17 juin 2021)

[3] Politproductions, « Jean-Paul SARTRE : l’écrivain, l’intellectuel et le politique (Interview à Radio-Canada) », 2 décembre 2012 (consulté le 17 juin 2021)

[4] Patrick Wagner, « La notion d’intellectuel engagé chez Sartre », Le Portique. Revue de philosophie et de sciences humaines,‎  (ISSN 1283-8594lire en ligne, consulté le 17 juin 2021)

[6] L’APPRENTISSAGE DE LA MTI, UNE AFFAIRE DE COMPÉTENCES TRANSVERSALES, R. R. TREMBLAY,  Y. PERRIER, PÉDAGOGIE COLLÉGIALE VOL. 20 N O 1 AUTOMNE 2006 https://www.capres.ca/wp-content/uploads/2015/01/Apprentissage-MTI.pdf  (consulté le 17 juin 2021)

[7] “Ne pas choisir, en effet, c’est choisir de ne pas choisir.”, L’être et le néant. Essai d’ontologie phénoménologique, Sartre, 1943  (consulté le 17 juin 2021)

[8] « Médium large | Médium large 2017.02.28 | BaladoQuebec.CA », sur baladoquebec.ca, Psychologie avec Florence Marcil-Denault : La fonction du cynisme (consulté le 17 juin 2021)

[9] « Cynisme (contemporain) », dans Wikipédia (lire en ligne) (consulté le 17 juin 2021)

[10] « Le suicide – PSYCHOPTIK #2 » (consulté le 17 juin 2021)

[11] « Le cynisme, un mal nécessaire ? | Vidéos | ICI Radio-Canada.ca », sur Radio-Canada (consulté le 19 juin 2021)

[12] « Chomsky, les intellectuels et le pouvoir » (consulté le 19 juin 2021)

[13] Encyclopædia Universalis‎« INTELLECTUEL », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 8 juillet 2021)

[14] Éditions Larousse« Définitions : savant – Dictionnaire de français Larousse », sur www.larousse.fr (consulté le 8 juillet 2021)

[15] Ce paragraphe a été ajouté le 7 juillet 2021.